« Sans la musique, la vie serait une erreur ». Nietzsche devait avoir raison car, avec la musique,
la vie de nos résidents s’emplit de belles énergies, de plaisirs intenses et de sensations nouvelles.
A la Maison de Bois-Colombes, la musique est source de plénitude et de joie.

Les activités de la Maison sont basées sur le bien-être et le confort. La musique permet une adaptation aux différentes pathologies des résidents. “Nous avons commencé la musicothérapie en 2003, poursuit Laurent, un des animateurs. Dans cet atelier, le résident doit simplement ressentir des émotions.
Nous faisons de l’écoute musicale passive ou nous tapons des rythmes en douceur en suivant le tempo d’un disque. Il nous arrive d’utiliser le corps des résidents, en se servant des organes creux (poumons, estomac) ou en mettant les enceintes près de leur fauteuil. Les vibrations ressenties les apaisent.
C’est un retour au lien prénatal, au rythme cardiaque de la mère. »
Les ateliers de musicothérapie sont destinés aux résidents qui expriment difficilement leur émotion.
C’est différent dans l’atelier musique dont s’occupe Fabien, psychomotricien et guitariste.” ”Il est davantage axé sur la socialisation, précise-t-il. Un groupe issu d’un ESAT1 vient le mardi après-midi
avec un animateur musicien. Nous jouons et tout le groupe, résidents et visiteurs, nous accompagne
en utilisant des instruments acoustiques. Ils ne jouent pas de façon traditionnelle bien sûr mais l’intérêt est d’échanger et de profiter des énergies extérieures. Les personnes de l’ESAT ont davantage d’autonomie et apportent une nouvelle dynamique. »

“En dehors des ateliers, nous utilisons également des instruments atypiques, comme la ‘vague musicale’, explique Laurent. Il s’agit d’un instrument en bois de forme incurvée avec des rainures d’un côté et des cordes de l’autre. C’est une sorte de harpe horizontale ! Le résident s’allonge dessus et l’animateur tape sur les côtés avec des maillets ou pince les cordes. L’effet de vibration procure une détente quasi immédiate. Nous utilisons également ‘le hérisson’, un instrument composé de picots verticaux en arrondis et de billes. Ses notes s’apparentent au son de ruissellement, un peu comme un bâton de pluie.”
“L’écoute musicale occupe également une grande place, reprend Laurent. Dans la salle ‘Snoezelen’,
nous travaillons ainsi la stimulation sensorielle par l’écoute. On y trouve des matériaux de confort (comme des matelas à eaux), de la musique, du matériel de lumière (boules à facettes, colonne à bulles, lumière noire…) et des petits objets qu’on manipule pour travailler des sensations (le chaud, le froid…).
Pour les résidents souffrant de traumatismes crâniens, la salle ‘Snoezelen’ permet aussi de pratiquer
le ‘rêve éveillé’. Par des mots et des sons, nous décrivons un contexte qui amène la personne dans son imaginaire. Nous stimulons ainsi sa mémoire. Le résident est à l’écoute de son corps et de son esprit ».
Toutes ces activités offrent de belles perspectives. Lorsque les encadrants constatent que certains
des résidents lourdement handicapés réussissent à progresser de manière aussi nette grâce
à la musique, cela les encourage à continuer dans cette démarche.
1. Les établissements ou services d’aide par le travail (ESAT) (couramment encore appelés “centres d’aide par le travail” ou CAT) sont des établissements médico-sociaux. Ils offrent aux personnes handicapées des activités diverses à caractère professionnel et un soutien médico-social et éducatif en vue de favoriser leur épanouissement personnel et social (source : ministère du Travail, des Relations Sociales, de la Famille et de la Solidarité).