Les dossiers de Perce-Neige
Au fil de l'eau
« Nous avons la chance d’avoir à notre disposition une piscine et une baignoire d’hydrothérapie dans la Maison Perce-Neige de Colombes " précise Olivier Delacoux. « Ces équipements sont essentiels aux résidents que nous accueillons qui sont majoritairement polyhandicapés et qui n’ont donc aucune liberté de mouvement. Plus de la moitié sont en fauteuil roulant et certains d’entre eux portent un corset siège afin d’être maintenus en position assise.
Lorsqu’ils sont dans l’eau, les résidents ont bien sûr la possibilité de flotter à l’aide de bouées ou de brassards, mais surtout ils participent à leur déplacement, deviennent ‘maîtres’ de leurs corps alors qu’au quotidien cela leur est difficile. Dans un univers liquide, les résidents ne ressentent plus la contrainte de leur poids ou de leurs muscles qui fonctionnent mal. Nous parvenons par exemple à les faire ‘marcher en décharge’ en les plaçant en position de flottaison verticale. Ils font alors l’expérience de se déplacer avec leurs propres jambes et non grâce à un fauteuil roulant.
Mieux comprendre son corps
Bien que l’eau soit utilisée en rééducation motrice, les activités aquatiques de la Maison de Colombes ne s’inscrivent pas dans ce cadre. Nous cherchons plutôt à leur donner la possibilité de bouger, à les faire vivre dans l’espace.
Le jeu est une mécanique qui permet cela et qui introduit également la notion de plaisir dans l’eau. S’amuser à mettre la tête sous l’eau ou lancer un ballon qui va éclabousser sont autant d’occasions d’associer eau, mouvement et bien-être.
L’eau a la particularité d’envelopper le corps. En y étant plongés, certains résidents travaillent des muscles que nous ne pouvons stimuler en ‘aérien’.
Grâce à l’eau, ils sentent mieux leurs corps, comprennent ses limites. Pour certains types de déficiences mentales, ces informations cutanées sont intéressantes car la perception du corps est souvent brouillée. En effet, tout au long de notre vie, nous collectons des millions d’informations liées à nos expériences motrices. Celles-ci participent à notre construction en tant qu’individu. Une personne polyhandicapée, et handicapée mentale de surcroît, n’a pas eu l’opportunité de faire cet ‘apprentissage’. L’eau permet de sentir son corps qui bouge, de découvrir des sensations inédites...Ces nouvelles ‘connaissances’ ont des conséquences psychiques bénéfiques pour le résident.
Un moment pour soi
Une séance dans l’eau est aussi un moment de détente. Avec l’aide d’une psychomotricienne, le résident se déplace lentement dans l’eau, exécute des mouvements ondulants... Avec une température à 33° C, l’eau procure un effet apaisant même si des efforts physiques sont fournis. La faible profondeur du bassin lui accorde également des vertus rassurantes.
L’eau apporte incontestablement du bien-être aux résidents. Ils en ressentent les bénéfices à différents niveaux. Ils sont souvent plus détendus, plus souriants et plus agréables vis-à-vis des autres. Ils profitent également d’un meilleur sommeil et éprouvent parfois un apaisement réduisant certains troubles du comportement. »














